Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

« Ça nous fait du bien » : des résidents du Carmel et des danseurs de Dans6T créent une complicité inattendue entre seniors et hip-hop


l’essentiel
Les portes-ouvertes de l’Ehpad du Carmel ce samedi 21 mars vont être l’occasion de présenter le projet « Battle of génération » auquel participent plusieurs résidents, en collaboration avec Dans6T.

Il n’y a pas d’âge pour entrer dans la danse. Et le mouvement est même en capacité de rapprocher deux univers distincts, d’un côté l’Ehpad du Carmel et de l’autre l’association Dans6T, identifiée culture urbaine. Pourtant, lorsque Marie l’animatrice de la maison de retraite a proposé une présentation par la structure dirigée par Bouziane Bouteldja, le gouffre était encore béant pour les résidentes, invitées à participer au projet « Battle of generations » (la bataille des générations). « C’était du rap, du hip-hop, pas du tout ce dont on avait l’habitude, précise Josiane Smarrito, ancienne secrétaire au Crédit agricole qui n’avait jamais pratiqué la danse dans une école. Ça ne nous plaisait pas trop. Mais au fil des présentations, on a vu l’ébauche d’une chorégraphie, alors on s’est dit pourquoi pas… »

Après un temps d’adaptation au début du projet, Denise et Josiane s’épanouissent au sein de cette bataille des générations.
Après un temps d’adaptation au début du projet, Denise et Josiane s’épanouissent au sein de cette bataille des générations.
Andy Barréjot

Au total, elles sont six résidentes dont deux en déambulateur et une en fauteuil à se rendre chaque lundi après-midi à l’atelier de Dans6T, pour des répétitions d’1h30. « On réalise des chorégraphies avec le haut du corps, poursuit Josiane, pendant que les danseurs plus jeunes font leurs acrobaties. C’est sympa. » La chorégraphie évolue au fur et à mesure du projet. Dernièrement, Denise Parrot, ancienne directrice d’une association d’insertion âgée de 83 ans, s’est ainsi vue entraînée dans une valse avec une danseuse de Dans6T. « Chaque fois, il y a de nouvelles choses à apprendre, c’est bien » savourent ces artistes. « Je pratiquais régulièrement les danses de salon avec mon mari, explique Denise. Quand on nous a présenté ce rap, comme j’étais curieuse, j’ai dit oui. Même si je me doutais bien que l’on ne serait pas capable de sauter ou tourner sur la tête comme ils le font. C’est quelque chose ! Mais je m’y suis intéressée. Là, à un moment du spectacle, une dispute éclate entre ces jeunes. J’interviens pour calmer la situation et entamer des pas de valse. »

« On aime bien les retrouver… »

Après plus d’un an de gestation, le projet « Battle of generations » touche à son but, avec une représentation prévue pour le 29 mai. « Je n’étais pas trop partante pour ça, pour se donner en spectacle, glisse Josiane. À nos âges, on ne voulait pas paraître ridicules. Et puis avec la musique, on se laisse entraîner. La professeure, Lola, harmonise bien les choses. Même si j’ai du mal à considérer que l’on danse, on contribue au mouvement général. Et puis ça nous fait sortir, rencontrer d’autres personnes… »

À lire aussi :
À Tarbes, ces mamies de 79 à 85 ans vont prendre des cours pour danser dans un spectacle

Une « très bonne ambiance » qui dépasse même le cadre de l’atelier, puisque le groupe partage des moments, des sorties, des verres à l’Arsenal aussi. « Le fait qu’il y ait les copines, ça a créé une dynamique pour nous. Et puis on a appris à connaître ces jeunes. On ne sait pas trop comment elles nous regardent elles, mais ça a fait un déclic. Même si au début, on se demandait ce qu’on faisait là, on aime bien les retrouver. Ça nous fait voir autre chose et nous fait du bien, physiquement et psychologiquement. »

Portes-ouvertes ce samedi

L’Ehpad du Carmel ouvre ses portes ce samedi après-midi, avec différentes présentations pour faire découvrir le site aux visiteurs. « L’établissement est ouvert ici depuis 1999, explique le directeur, Mael Temnouche. Nous accueillons 93 résidents en hébergement classique, avec une soixantaine de salariés. On profite de l’environnement proche, avec des sorties régulières au jardin Massey, mais aussi des activités avec l’association Siel Bleu. Mais ce qui nous démarque, c’est la volonté d’une hôtellerie plus qualitative et poussée, quelque chose de chaleureux et soigné, avec du service à l’assiette et du choix. »



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *