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ENTRETIEN. Pascal Claverie, maire de Tarbes : « Je veux être le maire de tous les Tarbais. Je leur appartiens »
Baisse des impôts de 10 % jusqu’en 2027, priorités les plus urgentes, volonté de rassembler tous les Tarbais, mode de gouvernance « plus participatif » : à peine élu maire de Tarbes, Pascal Claverie nous a accordé un entretien dans lequel il affirme clairement les grands axes de sa mandature.
Vous venez d’être élu maire de Tarbes. Quel est votre premier message à l’intention des Tarbais qui ont voté pour vous, ou pas ?
« Je sais d’où je viens, et je deviens maire aujourd’hui après une carrière professionnelle dans l’industrie. Je veux aussi me souvenir de celles et ceux qui ont voté et qui m’ont accordé un vote de raison. Il y a une vraie diversité parmi les Tarbaises et les Tarbais qui ont décidé de mon sort. Je veux rassembler, ouvrir les portes, écouter, être sur le terrain, auprès des habitants. J’ai entendu toutes leurs préoccupations pendant la campagne.
J’ai été aspiré par cette campagne, alors que comme chef d’entreprise j’aurais pu faire cette campagne, en faisant du géomarketing. En réalité, j’ai été aspiré par les Tarbaises et les Tarbais dans un dialogue de terrain. J’ai entendu leurs préoccupations. Je ne demande rien pour moi, je veux simplement répondre à leurs attentes ».
Vous avez tendu la main à la gauche, qui s’est retirée en appelant à voter pour vous au second tour. Comment allez-vous les associer aux décisions ?
« Dès le premier soir, j’ai rencontré Kévin Gracia et Roger Pham. Je leur ai dit qu’ils ne pouvaient pas être écartés du débat démocratique. Les forces de gauche représentent 23 % des Tarbais, le centre 32 %, la droite 19 % et le Rassemblement national 24 %. C’est la réalité du premier tour, celle de la sociologie de notre ville. Les forces de gauche doivent participer à la vie municipale. Je leur ai proposé de leur envoyer, avant les conseils municipaux, les délibérations, comme je le ferai pour Tarbes Citoyenne Écologique et Solidaire (TCES), s’ils me le demandent. Ils pourront travailler entre eux, formuler des propositions, et j’en tiendrai compte. Cela ne veut pas dire que je suis devenu de gauche, mais ils ont le droit de participer à la vie démocratique. Ils se sont retirés pour empêcher le Rassemblement national de prendre les clés de la ville, et je respecte ce choix ».
Quelles sont vos premières priorités pour Tarbes ?
« Dès lundi, je suis prêt. Ma première priorité, c’est la sécurité. Je vais interdire la vente d’alcool après une certaine heure dans certains secteurs de la ville, sécuriser le parking Verdun et, plus tard, y installer un poste de police municipale. Ma deuxième priorité, c’est la santé : 4 000 Tarbais n’ont pas de médecin référent, je dois m’en occuper très vite. Ensuite, j’ai une autre priorité : la propreté. Je veux lutter contre les incivilités et améliorer la propreté, en étroite collaboration avec les services. Enfin, dans les cent premiers jours, je veux redynamiser le centre-ville, par l’animation et le stationnement. Je veux que Tarbes redevienne une ville animée, dès le printemps.
Mon bureau, c’est le terrain, ce sont les quartiers, ce sont les gens. J’ai besoin de devenir le maire de toutes les Tarbaises et de tous les Tarbais, sans distinction. Je ne cherche pas une carrière, je veux remplir ma mission pour tous les Tarbais. Je suis à eux. Je leur appartiens ».
Est-ce que les impôts vont baisser l’an prochain ?
« C’est trop tôt pour le dire. J’ai pris l’engagement de baisser le taux de 10 % sur la durée du mandat. Je pense à la petite veuve qui touche 1200 € de retraite, qui n’a droit à aucune aide et dont la taxe foncière représente un mois de pension. Je pense à toutes ces femmes seules.
La gestion d’une ville, c’est sérieux : 100 millions d’euros de budget, 1000 personnes. Nous allons établir une trajectoire de financement. De la même manière, il y a un programme avec des travaux structurants prévus, qui sont très raisonnables. Certains projets seront financés par d’autres, comme par exemple le parking Marcadieu en bail emphytéotique ou le parc des expositions par l’agglomération. On ne va pas se lancer à corps perdu, dans tout en même temps ».
Allez-vous faire « table rase » de la précédente municipalité ?
« Certains engagements pris par la précédente municipalité iront à leur terme. Je ne suis pas venu tout casser, mais je suis venu pour gérer avec sérieux cette collectivité. Ce matin encore, j’ai échangé avec la maire sortante sur les dossiers en cours. Il y a le dossier Bel-Air, que je dois reprendre à bras-le-corps, et celui de la Semi.
Je voudrais dire aussi qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières. L’élection est finie, il n’y a pas de vengeance. Je dois faire beaucoup pour les agents municipaux. Lundi matin, je réunis les chefs de service, puis l’ensemble des agents de la collectivité dans le cours de la semaine. Je veux leur présenter une équipe humble et travailleuse ».
Souhaitez-vous mettre en place un nouveau mode de gouvernance ?
« C’est une autre manière d’opérer : je suis collaboratif, je délègue, je vais aider les gens à réussir, à monter en compétences. Un bon patron, c’est quelqu’un qui unit. Ce sera un nouveau mode de gouvernance, plus participatif. J’arrive avec humilité. Je ressens la charge qui m’incombe. Je veux que les Tarbais soient satisfaits de ce changement. C’est un changement d’époque, il faut le réussir ensemble, peu importent les votes passés.
Que va-t-il se passer à l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées ?
Je vois qu’il y a des petits arrangements. Les seconds de Gérard Trémège veulent continuer. Moi, je pose deux questions : quelle nouvelle trajectoire de l’agglomération pour que les petites communes soient plus incluses, mais que la ville centre soit le moteur qui infuse la richesse ? Et comment faire respecter le fait que Tarbes représente un tiers de la population et soit le plus gros contributeur ? Les élus ne peuvent pas, parce que le maire élu ne leur plaît pas, exclure ou essayer de circonvenir Tarbes. Peut-être que certains auraient préféré Michel Garnier ou Éric Peyrègne. La question n’est pas Claverie ou pas Claverie, la question c’est Tarbes. Je suis détendu, mais clair : Tarbes, c’est le moteur du réacteur ».
Certains élus, notamment le maire de Lourdes, ont exprimé leur inquiétude sur le projet d’hôpital commun à Lanne. Quelle est votre position ?
« La gestion municipale n’inclut pas l’hôpital, c’est une compétence de l’État. Je viens d’être élu, je vais examiner le dossier. Je n’ai pas l’intention de créer des antagonismes avec mes collègues élus. Je ne cherche pas la bagarre. Je veux travailler en bonne intelligence avec tout le monde ».
Après votre alliance avec Pierre Lagonelle que d’aucuns décrient, est-ce que vous pouvez garantir aux Tarbais une stabilité politique sur la durée ?
« Oui, je donne la garantie absolue de la stabilité. Hier, nous avons eu une réunion très collaborative. Après quinze ans dans l’opposition, Pierre Lagonelle est heureux de participer à l’exécutif à mes côtés. Il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille entre lui et moi. Je suis content, et lui aussi. Comme preuves de cet équilibre et de cette entente entre les deux listes, le premier adjoint, c’est Pierre Lagonelle, et la deuxième adjointe en charge des sports, c’est Elisabeth Brunet qui était la n° 2 de mon équipe. Nous avons respecté un équilibre entre les deux listes ».