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ENTRETIEN. Stado : » La pire saison de ma carrière », Alexis Armary livre les raisons de sa saison cauchemar avant d’entamer la nouvelle contre Périgueux
Le capitaine du Stado a retrouvé les terrains à l’occasion de la victoire contre Albi. Ses premières minutes depuis son carton rouge début mars contre Bourg-en-Bresse. Avant la première journée de championnat à Périgueux, samedi à 18 heures, Alexis Armary revient sur sa saison 2023-2024 cauchemar et livre les ambitions de la prochaine.
Vous n’avez pas répondu aux attentes l’année dernière, comment décririez-vous votre saison ?
Le retour ici au club a été compliqué pour moi. Il y avait beaucoup, beaucoup de changements au club par rapport à ce que j’avais connu pendant mes années à Valence, qui est un club différent et qui avait des ambitions différentes. Il y a aussi eu des changements dans ma vie personnelle avec l’arrivée de mon deuxième petit garçon, donc ça faisait beaucoup de changements d’un coup. Donc, je pense que c’est la pire saison que j’ai passée en senior dans ma carrière. J’ai 29 ans et c’est la pire saison que j’ai vécue. Je ne me cherche pas d’excuse, je sais que je n’ai pas eu un comportement exemplaire en tant que capitaine. C’est une saison que je ne souhaite à personne d’autre de vivre.
Vous parlez d’un retour au club compliqué, est-ce que vous avez ressenti une certaine forme de pression qui pesait sur vous ?
Je pense qu’inconsciemment, il y avait un peu de pression. Je ne veux pas me cacher derrière ça pour justifier ma saison de l’année dernière. C’est vrai que ce n’était pas la saison que j’attendais après avoir passé 4 ans à Valence. Je voulais montrer autre chose que ce que j’ai montré la saison passée. Donc, je pense que ça a joué un peu, mais je suis un joueur qui a une certaine expérience et ça, j’aurais dû mieux gérer ma saison pour mon retour au club.
Plus globalement, la saison a été un échec pour le club.
Oui, quand je dis que je ne souhaite à personne de vivre une saison pareille, je pense que c’est le cas de tout le groupe la saison dernière. On a tous vécu une saison galère avec des résultats qui n’étaient pas au rendez-vous et pas forcément de plaisir sur le terrain. C’est ce qu’on s’est dit avec les joueurs, qu’il fallait s’en servir pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.
Vous êtes un joueur habitué à beaucoup jouer chaque saison, l’année dernière vous avez disputé seulement 14 matchs sur 26, la faute notamment à deux cartons rouges, comment expliquez-vous cette indiscipline ?
C’est ça aussi qui fait que la saison a été compliquée pour moi, le fait de ne pas avoir beaucoup de temps de jeu. Je pense qu’il y avait un manque de maîtrise. Je voyais que ça ne fonctionnait pas l’année dernière, donc ça devenait frustrant et au bout d’un moment ça prend la tête et on craque. Ce sont des réactions que je n’aurais pas dû avoir. Je ne suis pas un joueur qui vient juste pour jouer, j’ai une réelle attache à ce club et voir la tournure des événements était dur. Je ne voulais pas faire partie de cette équipe qui plombait le Stado. C’était dur. Pour cette nouvelle saison, je me suis fixé l’objectif d’être plus discipliné. J’ai envie d’apporter de la maîtrise et de la sérénité dans le groupe. Quand j’ai rejoué contre Albi, c’est quelque chose que j’avais en tête : amener de la sérénité à l’équipe.
Au-delà de l’indiscipline et du fait de jouer à 14, l’équipe n’a gagné que 3 matchs sur les 12 où vous n’étiez pas sur la feuille.
C’est un vrai problème, oui. C’est pour ça que cette saison je dois être plus discipliné. Outre mon rôle de capitaine, j’ai quand même un réel impact sur le jeu, notamment en touche. À la fin de la saison, au moment des entretiens, Romain (Terrain, NDLR) m’a dit que ça ne fonctionnait pas pareil quand j’étais là et quand je n’étais pas là. Les cartons ont été très impactant pour le collectif en plus de l’être pour moi et ce n’est pas ce que je veux pour la suite. Quand on est un joueur important dans le groupe, on ne peut pas tirer l’équipe vers le bas comme ça. Donc, j’ai fait une grosse remise en question. Et j’ai la certitude que je ne ferai pas la même saison cette année.
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Vous sortez de deux victoires en deux matchs amicaux, un bilan à l’opposé de la saison dernière. Vous semblez avoir retenu la leçon.
Oui, c’est ça. On n’a pas envie de faire les mêmes erreurs, ça se ressent à l’entraînement et ça s’est aussi ressenti lors des deux matchs de préparation. C’est une bonne chose. On est plusieurs à avoir vécu la saison dernière, c’est encore marqué dans nos têtes. Cette année, il y a un bon noyau d’anciens qui sont restés et il y a des mecs qui reviennent qui ont déjà connu le club, donc tout va plus vite. L’intégration se fait plus facilement. Il faudra voir à la fin de la saison si c’est la bonne recette ou pas.
En parlant d’intégration, vu de l’extérieur, l’ambiance paraît meilleure que celle de l’année dernière, c’est votre ressenti aussi ?
Il y a une vraie alchimie. Il y a de la bonne humeur, ça se taquine, mais ça ne nous empêche pas de travailler sérieusement sur le terrain. Oui, faire du rugby c’est notre boulot, mais il ne faut pas oublier que c’est un jeu, donc si on ne prend pas de plaisir ça ne marche pas. Peut-être que l’année dernière, il n’y avait pas suffisamment de plaisir. Quand je suis revenu au club, je n’avais pas retrouvé l’ambiance qu’il y avait au moment de mon départ. Cette année, on retrouve ça, c’est vraiment agréable.
Avec la fin de carrière de Len Massyn, le poste de troisième ligne centre paraît à flux tendu. Est-ce qu’il faut s’attendre à vous voir avec le numéro 8 dans le dos ?
(rires) Ah non ! Honnêtement, on ne m’en a pas parlé pour l’instant. S’il faut le faire, je le ferai évidemment. Mais après, ce n’est pas vraiment un poste que je maîtrise. Puis, je ne pense pas que je sois le mieux armé pour jouer à ce poste. Leo (Saint-Guilhem, NDLR) serait plus apte que moi à jouer ce poste parce qu’il est plus puissant que moi. J’ai mes qualités et mes défauts, avec l’âge je commence à les connaître. Ce ne serait pas me mettre en avant que de me faire jouer troisième ligne centre.
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Samedi, vous débutez la saison à Périgueux, là où vous aviez remporté votre première victoire à l’extérieur l’année dernière, est-ce qu’il faut y voir un signe ?
Je pense qu’on va être attendu parce qu’on a été les premiers à gagner chez eux la saison dernière. Ils vont avoir un sentiment de revanche, et c’est tout à fait normal. Quand je repense à l’année dernière, malgré la préparation chaotique qu’on a vécue, à Massy pour notre premier match, on a ramené un bonus défensif. Ce que j’ai dit aux joueurs, c’est que l’année dernière on avait perdu quelques matchs à l’extérieur par manque de maturité et que cette année, il fallait faire tomber la pièce du bon côté. Alors un signe, je ne sais pas, mais ce serait une bonne chose de commencer le championnat par une victoire.
Vous garderiez par la même occasion votre spirale positive.
On veut créer une bonne dynamique parce qu’on a un premier bloc qui s’annonce compliqué. Ce serait une bonne chose d’arriver pour notre premier match à domicile avec une victoire. Parce qu’il nous tarde de rejouer à domicile. Cette année, on a fait le choix de jouer le vendredi soir à domicile, donc on espère qu’il y aura du monde. Et pour ça, il n’y a pas de secret, il faut des bons résultats.