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« Je paye mais je suis libre de mes mouvements » : Le transport à la demande pour les personnes en situation de handicap lève les freins et se modernise
Enrichi d’une application qui simplifie les démarches des usagers et le quotidien des chauffeurs et des agents, le service Handibus de TLP Mobiltiés se modernise et conquiert un nouveau public à mobilité réduite.
Lorsque son minibus aménagé s’immobilise devant ce pavillon d’un quartier de l’ouest de Tarbes, Patrick est attendu. Car ce chauffeur du réseau TLP Mobilités n’obéit pas à un tracé régulier comme sur les autres lignes. Son Handibus répond au transport à la demande. En l’occurrence, là, celle de Nathalie qui doit se rendre au kiné, en centre-ville, comme chaque mardi, puis poussera jusqu’au Méridien à l’issue de son rendez-vous. Les retrouvailles sont à chaque fois chaleureuses, le tutoiement immédiat, et l’installation à bord rapide et confortable, avec les derniers dispositifs adaptés. « Avant j’avais un véhicule, mais suite à un accident et une convalescence très longue, j’ai développé une maladie neurodégénérative, explique Nathalie. À force de rester à la maison, je n’ai pu plus conduire. Grâce au Handibus, par rapport à l’ambulance, je paye mes trajets mais je suis davantage libre de mes mouvements, qu’il s’agisse de déplacements réguliers ou en fonction de mes besoins. Et puis désormais je peux réserver seule, jusqu’à la veille de mon trajet. »

Car depuis mai 2024, le service s’est doté d’une application dédiée qui simplifie son fonctionnement. Les usagers peuvent ainsi réserver directement leur trajet et sont informés de l’arrivée du bus dix minutes avant qu’il ne se gare devant chez eux. « Avant nous avions une mécanique de réservation complexe. Avec le collectif Access 65, nous avons travaillé pour optimiser cet outil, détaille Evodie Imbert, en charge de la communication chez TLP Mobilités. Nous avons intégré les temps de trajet, de prise en charge aussi, les besoins, puis une fois l’outil mûr, nous avons organisé des sessions de formation pour les usagers et pour les agents, les quatre conducteurs ainsi que les équipes au standard et à l’accueil. » Car il est toujours possible de réserver par téléphone, en plus de l’application.
11000 trajets par an
Un outil en évolution qui a fait son chemin et permis d’augmenter légèrement la fréquentation, avec près de 5 % de trajets en plus, soit plus de 11 000 par an pour près de 250 usagers sur les 17 communes de l’ancien Grand Tarbes où le service est déployé. « On a, à la fois plus de souplesse dans les tournées mais aussi une optimisation du service et des trajets qui nous a permis d’ouvrir de nouveaux créneaux sans moyens supplémentaires, avec entre trois et quatre bus qui tournent chaque jour, et un le samedi, détaille Evodie Imbert. On priorise les réservations professionnelles ou médicales, mais s’il y a de la disponibilité, c’est ouvert aussi aux loisirs. Dans le même temps, on travaille sur l’accessibilité du réseau, notamment pour informer sur les arrêts qui sont équipés, même s’il reste à faire… »
Patrick est au volant du handibus depuis 18 mois, avec cette après-midi cinq poses et autant de déposes que le chauffeur accompagne précautionneusement. Après avoir conduit pendant un an sur les lignes régulières, il n’a pas l’intention de faire demi-tour. « C’est une clientèle différente, plus respectueuse et proche. On a une certaine autonomie dans nos itinéraires pour s’adapter au trafic. On rend vraiment service. Ça fait plaisir de voir qu’on leur facilite la vie et qu’ils sont contents qu’on rende ça possible. » Après Nathalie, c’est Marion que Patrick vient récupérer au local de l’APF, rue Georges Lassalle. « Ce matin je suis venue en bus avec Sandrine, une amie en fauteuil électrique, explique la jeune femme. L’application est très pratique. On peut suivre le véhicule à la carte. Ça permet de se caler aussi en fonction de leur arrivée. Comme je ne peux pas utiliser le réseau de bus classique, ça me permet de gagner en liberté, en autonomie, sans dépendre de personne. » Un service en évolution continu pour répondre aux besoins. « C’est chouette d’avoir la possibilité de sortir, se réjouit Nathalie. D’ailleurs, c’est dommage qu’il n’y ait pas cette possibilité le soir… »