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Municipales 2026 à Tarbes : les propositions des candidats en matière de fiscalité et de logement
Face à l’une des taxes foncières les plus élevées de France (54 %), les 7 candidats à la mairie de Tarbes proposent de stabiliser le taux ou de le baisser. En matière de logement, la Semi est au centre des réflexions.
C’est le nerf de la guerre. Et, à n’en pas douter, un enjeu des prochaines élections municipales. Alors que d’après un sondage OpinionWay publié lundi 9 février, 40 % des Français seraient favorables au retour de la taxe d’habitation à condition d’améliorer les services publics locaux. Un résultat étonnant alors que cet impôt local a été supprimé en 2020. À Tarbes comme ailleurs, les administrés sont soucieux de leur pouvoir d’achat et redoutent, à l’approche des municipales, de nouvelles hausses d’impôts. Dans la ville préfecture, le taux de la taxe foncière atteignait 54 % en 2024, c’est-à-dire l’un des plus élevés de France (contre 40 % à Pau et 42 % à Lourdes).
Un chiffre tristement haut qui a occasionné, à bien des reprises, des échanges tendus lors des conseils municipaux. « La part de la commune dans le calcul de cette taxe va encore baisser cette année. C’est le cas depuis cinq ans. La seule augmentation que voient les contribuables c’est la part votée par l’État pour la France entière », se défendait, alors, Gérard Trémège. « Le taux de taxe foncière est carrément exubérant ! », lui répondait Pierre Lagonelle, dans l’opposition. En 2025, le taux se stabilisait autour de 53,99 %. Toujours trop, dénoncent les opposants. Dans leurs propositions, les sept prétendants à la mairie promettent de maintenir ou baisser les impôts.
À la facture salée s’ajoute une autre douloureuse : le coût de l’immobilier. À Tarbes, le prix du m² était de 1 524 € en 2025, tous types de biens confondus, selon le site de Particulier à particulier. Et selon les professionnels, ces prix devraient repartir à la hausse de 2 à 3 % en 2026. Dans le centre-ville, les prix des locations passent de 2 000 à 10 000 €. Des loyers qui augmentent et des locaux commerciaux qui se vident. C’est en tout cas le désolant constat que font les Tarbais en se promenant rue Maréchal Foch ou bien rue Brauhauban. Pour limiter la casse, les candidats à la mairie de Tarbes ont chacun une parade : créer une foncière municipale pour Michel Garnier, mettre en place un permis de louer pour Hervé Charles. Au cœur des propositions des candidats : l’avenir du bailleur social la Semi (société d’économie mixte de construction). Eric Peyrègne propose de vendre la structure, quand Kévin Gracia demande un plan d’urgence et que Pierre Lagonelle imagine une relance.
Eric Peyrègne, Tarbes, le Temps du changement
« Notre politique fiscale consistera à remettre une totale transparence dans les marchés publics, de stopper immédiatement le recours à la commande publique systématique et d’appliquer une gestion rigoureuse. Nous envisageons une vente de la Semi (Société d’économie mixte de construction). Nous comptons également assurer un suivi très rigoureux des dépenses sociales du CCAS (le Centre communal d’action sociale). Il s’agit aussi d’enclencher un effort sur le désendettement et nous nous engageons à ne pas augmenter les impôts sur la mandature.
En ce qui concerne le logement, nous faciliterons l’accès au logement et aux services pour tous. Nous organiserons un développement durable et harmonieux en centre-ville et finaliserons le projet Bel Air (N.D.LR. le réaménagement du quartier lancé dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain) ».
Pascal Claverie, Tarbes, la force d’agir
« Le pouvoir d’achat est une préoccupation majeure des Tarbaises et des Tarbais. Un maire responsable ne promet pas n’importe quoi : il agit avec méthode, rigueur et transparence. Je m’engage à une baisse de 10 % du taux d’imposition sur le mandat, sans dégrader les services publics ni freiner l’investissement. Cette baisse sera rendue possible par une gestion rigoureuse, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et une hiérarchisation claire des priorités. À l’échelle de l’agglomération, nous agirons aussi sur la CFE (Cotisation foncière des entreprises) de manière ciblée, en allégeant la cotisation minimale pour protéger les petites entreprises, artisans, indépendants et commerces, sans augmenter le taux général. Mettre fin aux dépenses inutiles, arbitrer clairement, rendre compte : l’argent public doit être dépensé là où il est utile, au service du quotidien. Chef d’entreprise, je sais gérer durablement sans faire payer plus les habitants ».
Pierre Lagonelle, Tarbes pour tous
« La taxe foncière à Tarbes est parmi les plus élevées de France ! Je baisserai progressivement son taux. Je supprimerai également la taxe sur les logements vacants et la taxe sur les friches commerciales qui ont été mises en place ces dernières années par messieurs Trémège et Claverie. Ces mesures seront compensées par une meilleure gestion, la lutte contre les gaspillages et la mutualisation des moyens avec l’agglomération. Tarbes compte 5000 logements vacants : leur rénovation et leur remise sur le marché sont une priorité. Je relancerai la SEMI, qui doit redevenir un acteur fort du logement. Un audit indépendant clarifiera sa situation et la recentrera sur ses missions d’intérêt public, notamment la gestion du parc locatif dont beaucoup de locataires se plaignent. En parallèle, je mettrai en place le plan « Tarbes Rénov’ », avec une charte municipale de rénovation énergétique 2050 visant le niveau BBC. Une aide municipale complétera les dispositifs régionaux et nationaux via Rénov’Occitanie ».
Hervé Charles, Tarbes citoyenne écologique et solidaire
« L’étranglement budgétaire et l’asphyxie politique imposés par l’état aux collectivités impose que la taxe foncière constitue aujourd’hui quasiment le seul levier financier de la municipalité. À Tarbes, son taux est déjà élevé : l’augmenter n’est pas envisageable et le baisser priverait la ville de ressources essentielles, au risque de réduire les services rendus aux habitants. Les taux seront donc maintenus stables en début de mandat. En parallèle, la municipalité prévoit d’optimiser la taxe sur les logements vacants et d’augmenter celle sur la vacance commerciale. Tarbes compte 4 361 logements vacants, majoritairement dans l’hypercentre ancien, alors que de nombreux habitants peinent à se loger. Une politique volontariste sera engagée : lutte contre la vacance et l’habitat dégradé, développement de logements abordables en centre-ville, permis de louer, soutien à l’accession via le bail réel solidaire, attention particulière au logement des jeunes et prévention des expulsions ».
Michel Garnier, Tarbes naturellement
» Présenter un projet aux Tarbaises et aux Tarbais impose une exigence de responsabilité. Notre engagement est clair : une gestion rigoureuse, réaliste et financée, au service de l’intérêt général. La fiscalité locale dépend à la fois des bases fixées par l’État et des taux votés par la commune. Dans ce cadre, nous faisons le choix de la stabilité : maîtriser la fiscalité et ne pas augmenter les impôts, tout en conservant une capacité d’investissement forte pour préparer l’avenir.
Le logement est un levier majeur de l’attractivité de Tarbes. Trop de logements restent aujourd’hui vacants ou vétustes, notamment en centre-ville. Notre priorité est de réhabiliter l’existant pour proposer un habitat de qualité, accessible et durable. La foncière municipale de redynamisation jouera un rôle clé pour remettre sur le marché des logements et des locaux à des conditions adaptées, attirer de nouveaux habitants et recréer de la vie dans les quartiers ».
François Meunier, le camp des travailleurs
Le mal logement à Tarbes, ce sont les blattes à Solazur et à Rotschild, la résidence Belair privée de gaz pendant tout l’été. Il y a 4274 logements vacants soit 14 % du parc. Des lois existent pour fournir un logement décent aux mal-logés comme un hébergement à tous les sans-abris, notamment celle qui permet la réquisition des logements vides.
Mais, pour qu’elles soient appliquées, il faudra que la population les impose aux pouvoirs publics qui protègent les gros propriétaires que sont les banques et les assurances. L’économie capitaliste est incapable de résoudre la question du logement des classes populaires, comme de répondre aux besoins les plus vitaux de la population. Tout est marchandise dans cette société, se nourrir, se vêtir, se soigner ou se loger. Pour s‘opposer à cette gabegie, les travailleurs et les travailleuses devront prendre en main l’ensemble de la société car ce sont eux qui la font tourner ».
Kévin Gracia, collectif Unitaires
« La gestion financière de la ville doit être menée avec prudence, rigueur, justesse et responsabilité. Nous faisons le choix de ne pas augmenter la taxe foncière pour protéger le pouvoir d’achat des ménages.
L’augmentation de la taxe sur les logements vacants et les friches commerciales constitue un levier fort pour encourager la rénovation, remettre des biens sur le marché et répondre aux besoins en logement. Ces augmentations seront accompagnées d’aides à la rénovation énergétique pour les propriétaires volontaires. Les logements vacants pourront être rachetés et proposés à la location avec des loyers plus accessibles. Nous mettrons en place un plan d’urgence pour les locataires de la SEMI et proposerons des solutions de relogement pour les situations les plus graves. Nous nous appuierons sur les compétences des bailleurs sociaux pour travailler à la rénovation du parc locatif. »