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Symat : L’obsession de la réduction des coûts des déchets
Le Symat, syndicat de collecte de nos déchets multiplie les initiatives pour en réduire le coût, en optimisant le tri. D’où la fermeture, a priori paradoxale, du dépôt des déchets verts à Bordères-sur-l’Échez, vers Bazet. Mais c’est pour optimiser l’ensemble de la collecte et baisser les coûts.
Lors du dernier conseil communautaire, Rémi Carmouze, le président du Symat, a été pris à partie par Jérôme Crampe, le maire de Bordères-sur-l’Échez, furieux que la déchetterie sise sur sa commune, n’accepte désormais plus les déchets verts. « Alors que le centre de valorisation est à 20 mètres », avait-il raillé. Vu comme ça, la décision peut paraître ubuesque, pour autant, elle est calculée. « Le problème, ce sont les nouvelles normes en ce qui concerne les déchets du BTP, dont certains sont valorisables, comme le plâtre, les huisseries, les matériaux d’isolation, et qui doivent désormais être triés », expliquent Rémi Carmouze, président du Symat, et son directeur Vincent Urtizverea, « il a donc fallu réaménager la déchetterie à cet effet, avec des bennes dédiées. Dans le même temps, une autre norme impose désormais le tri des déchets verts entre les produits de tonte et le reste, comme les branchages. On ne pouvait pas tout faire au même endroit. Ce qui n’est pas neutre en termes de coût, si on met au tout-venant, c’est 200 € la tonne… »
Une situation provisoire
Bien sûr, outre le maire de Bordères, les récriminations des usagers n’ont pas manqué. « Forcément. Mais d’un autre côté, beaucoup sont contents parce que, du coup, il y a moins d’embouteillages et d’attente à Bordères. Alors, comme Bazet est à 10 minutes, ce qui était le temps d’attente moyen, l’un dans l’autre… De plus, le site de Bazet est ouvert du mardi au samedi, contre 2 jours auparavant. » Et on réfléchit à une nouvelle organisation. « C’est une phase de test, nous verrons, par exemple, s’il est pertinent d’agrandir la déchetterie de Bordères. On ne s’interdit rien, du moment que ça optimise le tri, et donc le coût. » Oui, parce que ce qui est trié ne coûte rien, voire peut rapporter des aides, quand les produits sont valorisables. « La loi nous y oblige, mais c’est aussi et surtout une question de coût. Il faut savoir que depuis l’instauration de la taxe incitative, on a réduit de 50 % le kilométrage de nos camions de collecte. »
Maîtriser les coûts
Le coût, voilà le maître-mot. « C’est une évidence. On fait des économies tous azimuts, et le tri en fait partie. Plus on trie, mieux c’est. Mais on a beau réduire, dans le même temps, le traitement coûte de plus en plus cher, et l’État nous ponctionne.au travers de la TGAP, Taxe Générale sur les Activités Polluantes, qui ne cesse d’augmenter chaque année. » Entre 2019, date de son instauration, les projections montrent qu’en 2030, elle aura augmenté de 400 %… Et puis il y a la fameuse taxe incitative. Dont le calcul est complexe. En gros, il y a une part fixe dont le taux est fixé par l’agglomération TLP, et une part variable, en fonction du nombre de fois où l’usager sort sa poubelle à ordures ménagères. Essayons de faire simple : en 2026, le taux voté par l’agglo a baissé, mais dans le même temps, les bases de la taxe foncière fixées par l’État, qui servent au calcul, ont augmenté. De fait, pour compenser, le tarif de la levée a légèrement augmenté, question d’équilibre, de 0,12 € pour un bac classique, ce qui est finalement insensible. Mais cet exploit est dû à une politique affirmée d’économies. « Nos efforts collectifs sur le tri, et donc l’amélioration de nos déchetteries, on y revient, nous ont permis de bénéficier de subventions de Citéo et de l’Ademe, à hauteur de 900 000 €. » D’où la relative neutralité de la hausse pour l’usager, en dépit de coûts toujours plus élevés. Ne serait-ce qu’à cause des prix des carburants. « Si les prix restent à ce niveau, nous projetons un surcoût de 100 000 € pour assurer nos tournées en 2026. » Il va falloir trier encore mieux !