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TGB : « Il y a une opacité », « je m’interroge sur la viabilité de cette structure », la gestion financière du club au cœur du débat politique
La gestion du club de basket-ball du Tarbes Gespe Bigorre s’est invitée au conseil municipal de Tarbes, lundi en soirée, où le maire Gérard Trémège s’est montré particulièrement inquiet sur l’avenir du club tarbais en raison de « comptes d’une sincérité discutable »
Le TGB est décidément sur toutes les lèvres. À l’occasion du conseil municipal qui s’est tenu, lundi 22 septembre, en soirée, les conseillers municipaux tarbais des différents groupes se sont penchés sur le cas du Tarbes Gespe Bigorre.
Alors qu’une première subvention, de 50 000 euros, avait été versée avant la finale contre Basket Landes (lire nos précédentes éditions), une deuxième de 60 000 euros qui avait été décidée pour résultat sportif et qualification pour l’EuroCup ne sera, finalement, pas distribuée de manière aveugle.
La crainte d’une disparition du TGB
La faute à un manque de contrepartie et à l’absence d’inscription officielle à un niveau régional ou supérieur. « Cette subvention sera versée à condition que le TGB continue d’exister… C’est la condition que je viens d’ajouter. Je ne modifie rien et la règle est édictée aujourd’hui (lundi) en conseil municipal », a répondu Gérard Trémège interpellé par Pierre Lagonnelle de l’opposition sur le versement de la subvention.
Et l’édile de la ville a ensuite élargi la question du TGB : « On ne sait pas si le club va exister dans quelques semaines et je défends les deniers publics. Je ne vois pas l’intérêt de verser une subvention à un club s’il n’existe plus. J’ai dit que cette subvention serait payée quand la Fédération française de Basket-ball a demandé des engagements des collectivités, bien évidemment, dans la perspective que le club soit engagé dans l’une des compétitions de la Fédération. On était en Ligue 1, on espérait être en 2, ensuite en 3 et aujourd’hui, le TGB est en ligue régionale. Et maintenant, on ne sait même pas si le club va pouvoir y être. Si le club existe, bien sûr que la subvention sera versée. »
Le maire a ensuite évoqué le pire pour le TGB : « Si l’association du TGB est en liquidation de biens ce ne sera pas notre faute parce que le passif excède largement les éléments d’actif au-delà des 50.000 euros. »
« Opacité de la gestion »
Les interrogations concernant la gestion du TGB se sont poursuivies quand un autre élu, M. Claverie, a pris la parole : « Je suis d’accord avec vous de conditionner cette subvention à l’existence du club car, sinon, vous allez verser cette somme dans les mains d’un mandataire judiciaire. Elle va tomber dans un trou béant. Il y a des entreprises qui ont fait des virements et on sait très bien que c’est tombé dans un trou. »
La question est de savoir ce que l’on peut faire pour aider ce club collectivement et quelle visibilité avons-nous sur ses comptes car il y a une opacité qui est reprochée » a indiqué l’élu faisant sans doute référence à une réponse sur la page Facebook du TGB : « Le club fonctionnait dans une opacité totale : des pleins pouvoirs concentrés entre les mains d’une seule personne, un organigramme inexistant, des responsabilités floues entre secrétariat, gestion, communication, sponsoring et partenariats, et un duo présidente – coach dans le déni des alertes institutionnelles. Tout cela aurait dû appeler à la vigilance, pas au silence ».
Un point corroboré par l’adjoint aux sports Thomas Da Costa qui a indiqué avoir travaillé tout l’été avec la Fédération de basket et « tenté » de contacter le TGB.
Des comptes du TGB à la « sincérité discutable »
Gérard Trémège a répondu : « J’ai les comptes à disposition et vous verrez que ces comptes remis à la FFBB sont d’une sincérité discutable. Il y a à l’actif, des valeurs réalisables et disponibles de plus d’un million d’euros dont on se demande à quoi elles correspondent. Si c’étaient des éléments réalisables, il y a belle lurette qu’elles auraient été encaissées et cela aurait permis de payer le passif qui est de plus d’1 million également. Et dans ce passif, il y a dans les seules dépenses sociales, 628.000 euros d’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales, ndlr), retraites, etc.…. Voilà pourquoi je m’interroge sur la viabilité de cette structure telle qu’elle existe. J’en profite pour rappeler que ce que fait la ville de Tarbes pour ce club, c’est près de 500.000 euros par an avec les subventions, les personnels mis à disposition, les installations sportives. A Basket Landes, par exemple, la mairie verse 45.000 euros ! »
Pour information, dans les documents du plan de trésorerie 2024/2025 que nous nous sommes procurés, le total des actifs est de 754 959 euros au 31 mai 2024 contre 521.945 euros l’année précédente et dans les éléments du passif pour les mêmes montants figurent plusieurs hausses ; dont la dette des fournisseurs de 108.299 euros en 2023 à 184.268 euros en 2024 ; la dette fiscale et sociale de 149.436 euros en 2023 à 224.012 euros en 2024 ainsi que les autres dettes de 68.656 euros en 2023 à 102.872 euros en 2024.
Pascal Claverie, élu et chef d’entreprise, s’est d’ailleurs étonné des comptes du TGB en lançant une piste sur les suites à donner : « Ce qui est choquant, c’est un actif d’1 million. C’est du vent, de l’immatériel et il faudrait savoir ce qu’il y a là-dessous ».
Et le maire a conclu le chapitre : « Je constate que ceux qui commençaient à s’interroger il y a un an avaient raison. Et je demande à ma majorité de voter la délibération concernant la subvention à condition que le club existe encore. »
0 vote contre, 0 abstention ; proposition votée à l’unanimité.