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« Un travail de pistage, de camouflage, d’affût, comme à la chasse »: Quand le brame du cerf dans les Pyrénées donne corps à une exposition
En résidence depuis le 8 septembre, l’artiste Virginie Cavalier articule sa pratique autour de la question animale. Elle a notamment enregistré le brame du cerf dans la vallée du Bergons qu’elle retranscrit dans une exposition immersive à Omnibus.
Au milieu de la grande salle de la petite galerie associative Omnibus, de hauts segments de bois se dressent comme si une hêtraie avait poussé là en quelques jours. Il suffit de s’aventurer dans cette parcelle artistique pour mesurer que chaque bois a été travaillé par Virginie Cavalier. Fidèle à son travail articulé autour de la question animale, celle qui a été formée à l’ESAD de Tarbes s’est plongée, automne oblige, au cœur de la place de brame pour sa dernière exposition. « Je travaille toujours autour de la matière animale et végétale, en m’imprégnant des biotopes des territoires, explique la jeune artiste. Et l’arbre bien sûr est le pilier de cette biodiversité. Par ailleurs, je réalise des captations sonores et photographiques, en équilibre avec mon travail en atelier. «

Ainsi, pour cette exposition présentée à Omnibus, Virginie Cavalier a arpenté les forêts du Bergons, au-dessus du col des Spandelles. « C’est la période du rut sur les places de brame où les hardes de biches s’établissent et les cerfs s’affrontent par leurs bois et leurs chants. Des fois je passe une semaine sans rien. Là, j’ai été conseillé par des proches et en deux sorties, j’ai accumulé suffisamment de matière. » Et l’artiste de détailler son mode opératoire : « C’est une activité qui est liée à la chasse, avec un travail de pistage, de camouflage, de relevé des indices de présence, d’approche et d’affût. J’enregistre avec un micro canon très directif en mono. Du coup, je n’ai pas de spatialisation, mais j’entends toute la vie autour de moi. C’est extrêmement immersif et ça exacerbe les sentiments de crainte ou de prudence dans un territoire où l’on est un peu étranger. Et d’un autre côté, ça renforce la proximité entre l’homme et l’animal. »

Ces enregistrements se propagent dans la salle d’exposition via trois diffuseurs et recréent une atmosphère en lien avec les images, les sculptures, les créations qui replongent les visiteurs dans la forêt. « On confronte le son au visuel, au palpable, comme on questionne le rapport à l’animal et à la forêt où nous avons tous des souvenirs. » Baptisée Place de Brame, cette expo immersive de saison est à découvrir jusqu’au 25 octobre, du mercredi au samedi après-midi à Omnibus.