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ENTRETIEN. « À ce niveau-là, on n’est pas invité » regrette Stéphane Ducos après la lourde défaite à Périgueux


Après la nouvelle déconvenue à Périgueux, Stéphane Ducos a été l’un des seuls à accepter de répondre à nos questions. Le manager tarbais est apparu plus touché qu’à l’accoutumée, s’est montré pessimiste sur la fin de saison et a regretté les critiques, peu constructives, autour de l’équipe.

Ce 14-0 encaissé au bout de six minutes a anéanti vos espoirs d’entrée de match ?

Oui, clairement. Le match bascule quasiment là-dessus. À ce niveau-là, quand tu prends 14-0 aussi vite, tu te dis qu’à ce niveau-là, tu n’es pas invité. Derrière, tu passes 70 minutes à subir. Tu prends un rouleau compresseur dans la tête et mentalement, c’est très dur. Ce qui m’embête, c’est que malgré tout ça, on montre quand même des choses intéressantes. Il y a des séquences où on est vraiment au niveau, et puis, sans prévenir, on retombe dans quelque chose qui ressemble à de la Fédérale 2. C’est notre gros défaut aujourd’hui : cette irrégularité. On passe d’un extrême à l’autre, parfois au sein du même match.

Il y a donc une fois de plus de la frustration ?

Oui. On fait des choses bien, on a des intentions, on essaie de jouer, de défendre ensemble. Mais on n’est pas constants. À ce niveau, tu n’as pas le droit à ça. En face, ce sont des équipes très solides, très organisées, avec de l’expérience. Si tu leur donnes des munitions, elles ne te ratent pas. Aujourd’hui, Périgueux, c’est costaud, puissant, discipliné. Avec les autres résultats de la journée, ça devient de plus en plus compliqué. Nous, il faut absolument qu’on aille chercher une victoire, pour que les joueurs puissent au moins être récompensés du travail qu’ils fournissent au quotidien.

Vous aviez fait le choix d’aligner des jeunes joueurs. Quel regard portez-vous sur leur match ?

Certains ont clairement répondu présent. Ils ne se cachent pas, ils ne trichent pas. Ils sont très jeunes, mais ils montrent déjà qu’ils peuvent exister à ce niveau-là. Maintenant, je ne sais pas ce qui se passera au club l’année prochaine. Mais au moins ces jeunes auront vu le niveau national, ils auront appris. Ce club a une histoire, et il ne faut surtout pas la galvauder. On doit construire intelligemment, même dans la difficulté.

Face à Périgueux, on vous attendait notamment sur la conquête. Malgré le premier essai sur ballon porté, vous avez plutôt bien résisté ensuite…

Oui, on savait très bien à quoi s’attendre. On savait qu’on allait être ciblés là-dessus. Défensivement, on a plutôt bien répondu. En touche, offensivement et défensivement, on n’a pas été ridicules non plus. Le problème, c’est qu’on n’a pas eu beaucoup de bons ballons à exploiter. On n’a pas pu lancer notre jeu comme on l’aurait voulu. Et dès qu’on a une opportunité, on fait une petite erreur. Ça, c’est l’expérience, mais aussi l’intensité mise par l’adversaire.

Aujourd’hui, on a eu un sentiment d’impuissance, vous partagez ce ressenti ?

C’est ce qui me gêne le plus. On a du mal à avancer, mais même quand on avance, on n’est pas récompensés. À un moment, on est à cinq mètres de leur ligne. Normalement, quand tu es à ce niveau-là, tu dois au moins provoquer une faute, obtenir une pénalité, ou mettre l’adversaire sous pression.

Dans le vestiaire, quel est le discours après un match comme celui-là ?

Les joueurs l’ont dit eux-mêmes : il reste encore dix matchs. La question, elle est simple. Est-ce qu’on s’écroule ? Est-ce qu’on laisse tomber ? Ou est-ce qu’on continue à se battre ? C’est là-dessus qu’on va être jugés. Mentalement, ça va être très dur, pour les joueurs comme pour le staff. Mais on a pris ce challenge, et on ira jusqu’au bout. On ne va pas se cacher.

On vous sent un peu plus abattu que d’habitude.

Oui, forcément. Ce résultat nous met un coup derrière la tête. On est des compétiteurs, quoi qu’en disent certaines personnes. Et justement, ce qui me dérange aujourd’hui, ce sont certaines critiques. Je les entends, je peux les comprendre sur le plan sportif. Mais ce que je demande, c’est du respect. Du respect pour les familles, pour les joueurs, pour le club. Critiquer de loin, c’est facile.

Vous regrettez les critiques peu constructives ?

Oui, clairement. Ça ne nous aide pas du tout au quotidien. Quand tu as un gamin de 19 ou 20 ans, qui débute à ce niveau-là, qui se loupe sur deux ou trois matchs, et qu’il se fait démonter pour deux ballons ratés, ce n’est pas normal. Des joueurs internationaux ont raté des chandelles ou des ballons bien plus importants sans recevoir autant de critiques. Soit on décide de nous tuer, et c’est la solution de facilité, soit on essaie de comprendre pourquoi on est dans le dur. L’été dernier, on a perdu dix joueurs à l’intersaison. Si on les avait conservés, le rendement ne serait pas le même.



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