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Lucine et Gypsie : une amitié indéfectible mène aux championnats de France 2025 malgré la myopathie de la jument
La myopathie de la jument Gypsie n’a pas freiné la détermination de Lucine, sa cavalière. Ensemble, elles ont surmonté les obstacles jusqu’aux championnats de France 2025. Une 6e place en saut d’obstacles couronne leur parcours.
Lucine et Gypsie, c’est la très belle histoire d’une rencontre entre une passionnée l’équitation et une jument atteinte de myopathie. Des années de travail, de soins et d’une amitié sans faille les ont menées jusqu’aux championnats de France 2025.
Lucine Nurisso a baigné dans le monde équin depuis sa plus jeune enfance jusqu’à obtenir le niveau du galop 7. En 2017, elle découvre une jeune jument, couleur alezan. « Quand je l’ai vue, j’ai su immédiatement que c’était elle » confie Lucine. Gypsie a tout
juste un an. Le coup de foudre est instantané et la décision de l’achat est irréversible. « Je gagnais 300 euros par mois quand j’ai décidé de l’acheter. Je l’ai payé en 4 fois » précise-t-elle. La jeune Gypsie a beaucoup de caractère. Entre l’animal et la cavalière, la relation s’intimise et aux 3 ans de Gypsie, la jeune femme procède au débourrage.
« Au début je tombais tout le temps… »
« Quand j’ai commencé à monter, je tombais tout le temps mais je ne me suis pas découragée » explique-t-elle. La persévérance dans le travail porte ses fruits et la complicité grandit. Dès les 5 ans de Gypsie, Lucine entame l’entraînement au dressage et au saut d’obstacles. Cette même année, en 2021, suite à une crise de myosite caractérisée par des raideurs musculaires pouvant bloquer totalement la jument, le diagnostic tombe : Gypsie est atteinte d’une myopathie à stockage de polysacharrides. « Au début je me suis dit, j’arrête tout. Puis j’ai essayé de comprendre », une physiothérapeute en ayurveda, pratiquant des massages à la jument, lui a redonné confiance. Pour éviter les myosites, elle veille à ce que le protocole de soins soit parfaitement suivi. La jument ne peut manger que du foin auquel sont ajoutés des compléments alimentaires. L’exercice quotidien est indispensable au bien-être de l’animal.
« Nous ne formons qu’un »
« Je n’ai jamais pensé à changer de cheval. Nous ne formons qu’un, on se connaît par cœur », la cavalière sait quand elle doit s’arrêter, quand l’entraînement devient dur pour Gypsie. « On travaille beaucoup à pied, le but est de prendre du plaisir ». Dans cette grande bulle d’amour, Lucine aura éduqué et entraîné seule sa jument, n’ayant recours à un professionnel qu’occasionnellement pour des conseils.
La récompense est de taille ! Le binôme franchit toutes les épreuves de qualification et décroche son billet pour les championnats de France. L’organisation n’a pas été simple. Pour pouvoir continuer elle a créé l’association Gypsie Queen. En raison de la pathologie de Gypsie, elle a dû trouver une écurie extérieure, sans herbe, pour la loger puis faire face aux diverses dépenses dont les 2 500 euros comprenant le logement de la jument, l’engagement et l’inscription. « J’ai créé une cagnotte en ligne, cherché des sponsors et fais le tour des entreprises locales. » Lucine n’a pas baissé les bras et la solidarité a répondu avec des dons financiers et matériels. Lucine, Gypsie et son ami Pimpon, le
petit shetland qui lui tient compagnie, le chien et les copains sont partis pour Lamotte-Beuvron.
Seule candidate sélectionnée sur les régions Aquitaine et Occitanie en club E1 au saut à 1,10 m, elle a remporté une magnifique 6 ème place, ainsi qu’une 15 ème en club élite à 1,05 m. Aujourd’hui Gypsie doit rester active au quotidien alors quand Lucine part en vacances, elle l’emporte avec elle. Dans ses projets, la cavalière se prépare à devenir pompier professionnel et avec sa fidèle Gyspie, elle se fixe déjà un challenge : participer aux championnats de France 2026.